[Carnets] Je mange donc je suis (grosse)

blog-TDCA

J’essaye un truc tout simple. Un nouvel exercice.

Je mange quand j’ai faim. Je m’arrête de manger quand je n’ai plus faim.

Comment on sait quand on n’a plus faim ? Comment on sait quand on est rempli?

Moi, je ne suis jamais remplie, j’ai toujours du vide à combler.

Je mange comme on serre contre soi un doudou. Pour me rassurer. Pour me sentir bien. Je mange pour me souvenir, pour aimer. Je mange pour le goût, les couleurs, les odeurs.

Je mange pour faire quelque chose, pour combattre la peur et le rien qui risquent de m’engloutir, moi et mes bourrelets.

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Life update

Voilà, ça va faire une bonne semaine qu’on a déménagé. Ça a été un gros roller coaster émotionnel et physique, et je ne suis pas encore tout à fait remise de tout ça!

J’ai fait une petite série de statuts comiques sur la page FB, c’était pratique et ça prenait juste assez de temps pour pouvoir caler ça entre l’encartonage de l’appartement, le vétérinaire pour la Tribu Velue, et se prendre le chou avec l’Amoureux (le déménagement, cette épreuve bien reloue pour le couple!). Je vais essayer de faire ça plus souvent! Et accessoirement de partager plus de trucs via la page. J’aime bien l’aspect de la gratification immédiate de vos réactions :3 et quand le demon de la flemme est plus fort, c’est un bon compromis.

Du coup un peu plus d’un an après avoir fait Bruxelles-Londres,  j’ai fait Londres-Édimbourg. J’ai un peu la même sensation que quand je suis arrivée à Bruxelles en 2009, une certitude d’avoir fait le bon choix, d’être vraiment BIEN.
Ma seul crainte c’est un peu la solitude, mais je sais d’expérience qu’un réseau d’amitiés ça se tisse avec le temps.

Mais honnêtement qui a vraiment besoin d'amis quand on a un parc comme ça à 500m de chez soi, je vous le demande...

Mais honnêtement qui a vraiment besoin d’amis quand on a un parc comme ça à 500m de chez soi, je vous le demande…

Donc on s’installe doucement, on s’est lancé dans une mission peinture, les velus prennent leurs marques.

Quelques projets de vacances qui pourraient se profiler…Rando, rivière, camping. Ce genre de choses.  J’ai très envie de nager, donc je compile des spots de “wild swimming” pour l’instant (heureusement que je ne suis pas frileuse :v !)

J’ai aussi une liste comme un jour sans chocolat, d’idées pour le blog. J’aime toujours autant écrire, mais je réalise qu’en abandonnant mes blogs dans les année 2010 beh…. J’ai pris l’habitude d’assouvir mon besoin d’écriture via les réseaux sociaux.
Et maintenant que le pli est pris, c’est dur de voir clair dans ce que j’ai envie de partager où.

Accessoirement, je suis aussi freelance depuis peu et bordel… Pas simple de trouver un équilibre entre les deadlines, démarcher des clients et ma proportion à la glande frénétique et à la procrastination crasse. M’enfin je m’en tire pas mal pour l’instant.

J’oscille un peu entre les vagues de mes phases de dépressions. Entre détermination et découragement, en flemme et inspiration.

Moitié vide et moitié plein…

J’ai bon espoir d’arriver à équilibrer le navire, et du coup comme l’envie d’écrire m’a prise, je ne l’ai pas laissé filer. Hoplà.

Ça fait un petit billet bloguesque sans prétention… Pour me remettre dans le bain!
Hopefully, une fois que j’aurai rebranché la Cintiq, je pourrais illustrer ce genre de petit carnets d’humeur….

[Carnet] “Bientôt six piges que j’ai plus vingt ans”

J’ai rarement abordé la période de mon anniversaire avec autant d’inintérêt je dois dire.

Mon animal totem du moment

D’ailleurs, on est à deux jours de la date, et j’ai toujours l’impression que mon cerveau est resté bloqué en mode “mon anniv’ arrive la semaine prochaine ou un truc comme ça“.

Mais  non. Dans deux jours j’ai 26 ans.

Pourtant je suis plutôt bon public généralement, pour ça. Mais je sais pas, j’ai l’impression que cette année, on m’a anesthésié la partie de moi qui ressentait l’excitation annuelle de l’anniversaire. J’ai eu un peu du mal à mettre le doigt sur la raison de tout ça. Puis j’ai pondu cet article.

Je crois que c’est parce que j’ai l’impression d’arriver à un cap où c’est plus difficile de croire à mes propres mensonges. Je crois que je suis enfin rattrapée par mon syndrome de l’imposteur.

J’en parlais à un bon pote, hier, de ma peur persistante de ne pas être à la hauteur des gens que j’aime, de décevoir le monde.
Et Q. (le pote en question), m’a répondu en substance un truc assez juste, il m’a dit que ce que je devrais essayer, c’est surtout de ne pas me décevoir moi. En fait. Que si je ne me décevais pas moi, j’aurais moins peur de décevoir les autres. Je paraphrase

Pardon…

Je ne pense pas que ça soit la première fois qu’on me l’ai dit hein genre même je le sais carrément en fait, puisque je le répète moi-même à qui veut bien me laisser leur faire la morale en fait * haha ironie NTM* . Mais là comme ça, de le lire sur un message WhatsApp, ça m’a fait comme un bon gros coup de massue, parce que la réponse à cette phrase (et à pourquoi je n’arrive pas à l’appliquer) m’est apparue limpide.

J’en ai pas grand chose à foutre de me décevoir moi… Parce que je ne m’aime pas assez pour estimer mon opinion de moi même.

Je connais la théorie pourtant. Je sais qu’il faut s’aimer soi même avant qu’on puisse vraiment être aimé blabla… Tout ça. Mais je dois dire qu’en 26 ans, je n’ai pas vraiment accumulé beaucoup d’amour ou de respect pour moi.

Pour une donneuse de leçons féministes, c’est assez ironique vous me direz (et vous aurez bien raison).

Je ne me souviens plus de ce que ça fait de vivre sans avoir un vague écho de trouille qu’un jour on démasque “qui je suis vraiment”. Puis ouais, quand on s’aime pas trop, beh on se réfugie dans l’amour des autres, mais toujours avec cette sensation de, quand même, les avoir piégé … un peu arnaqué…

L’impression qu’un jour, fatalement, on viendra m’arrêter. Qu’on toquera à ma porte, qu’on me traînera par la peau des fesses sur la place publique, avec un gros panneau “ELLE FAIT SEMBLANT, EN FAIT ELLE NE GÈRE RIEN DU TOUT”. Qu’on m’intentera un procès, avec des gros titres du genre

ELLE PIÈGE SES AMIS ET SA FAMILLE, ELLE N’ÉTAIT PAS QUI ELLE PRÉTENDAIT ÊTRETÉMOIGNAGES :

On avait l’impression qu’elle était bien dans sa peau, mais elle mentait!” – Une copine
Nous on a toujours su qu’il y avait un problème avec elle.” – Son père
Elle m’a fait tomber amoureux d’elle alors qu’en fait elle était nulle” – Son amoureux

SHAME

Ahum… Bon j’en suis consciente hein, de ce syndrome de l’imposteur à la con, j’en parle ouvertement, j’en rigole, mais j’ai quand même toujours du mal à m’en dépêtrer. J’avoue que je m’étais dit que je pourrais vivre avec. Qu’il suffirait d’en rire avec les copains, d”apprendre à juste les croire quand ils me disent qu’ils m’aiment. Mais c’est dur de croire les autres quand on est incapable de ressentir ce dont ils parlent.

Jusqu’ici, enfin du moins ces 15 dernières années on va dire, j’ai un peu vécu le passage de l’anniversaire en me rassurant d’un petit “tu as encore le temps de devenir quelqu’un que tu aimeras”. Mais cette année, mon petit refrain réconfortant me fait l’effet d’une corde usée, qui ne fait pas aussi bien son boulot.

Peut être parce que j’ai perdu deux personnes dont j’étais si proche en 3 ans. Peut être parce que vivre le deuil d’une amie qui a pris sa propre vie, ça vous met la tronche directement face à ce que ça veut dire, de ne pas réussir à s’aimer. Je ne sais pas.

Mais à 26 ans, peut être qu’il est temps d’arrêter de reporter à demain. Peut-être qu’il faut que j’arrête de me faire croire que j’ai besoin de devenir quelqu’une d’autre pour enfin m’aimer. Peut être que c’est maintenant et que c’est pas le moi de demain que je dois apprendre à respecter.

Le 28 avril ça fera 6 piges que j’ai plus vingt ans*, et à peu près 15 ans à se mépriser c’est juste assez.
Je vais essayer d’apprendre doucement à m’apprécier. On va commencer par là. C’est plutôt un gros projet, mais je crois qu’il est temps que je m’y colle.
Même si j’ai un peu honte d’avoir mis autant de temps à arriver à cette conclusion. After all, c’est pas un chantier si honteux que ça, au final, travailler sur l’amour et l’acceptance de soi.

Puis j’ai quand même toujours la chance d’avoir des gens formidables pour m’aider à m’aimer.

Portrait Zoe

Si mes copains sont capables de me voir comme ça, ptêtre que je le serai aussi un jour

 

*Merveilleuse punchline empruntée à ce non moins merveilleux texte