[Bopo & Estime de Soi] Quoi ma gueule?

Je suis en plein montage de l’épisode 2 de Ze Comics Project (pour ceusses & celles du fond qui ont pas suivi c’est par là <3 )
C’est la partie longue, bien prenante, où je dois me concentrer à mort, parce que je suis une noob et que je veux un rendu correct, mais y’a un truc en plus.
Un truc vraiment chiant et que j’avais pas du tout anticipé.

Devoir se regarder aussi longtemps.

oui ça aurait pu me traverser l’esprit avant, on est bien d’accord

Eh ben c’est rude.
Je pensais avoir vraiment évolué là dessus, être sur le bon chemin de l’acceptance de soi.
Bopo, self-love, toussa toussa.
C’est pas toujours facile hein, mais ça y’est je m’habille comme j’en ai envie, au cul les codes à la con (à moi les rayures et les couleurs bwahaha).
J’arrive à admettre que je suis plus dure avec mon corps que je ne le serai avec celui de mon/ma pire ennemi-e. Que peut être que c’est pas mon corps le problème, mais mon incapacité à m’accepter.
Je combats les complexes à coups de selfies, un peu de maquillage quand j’ai pas la flemme et puis beaucoup de “OK maintenant le cerveau tu TE TAIS
Ça marche pas mal.
Mais j’en reviens au montage donc.
Mes cocos, laissez moi vous dire que putain de bordel de… C’est l’épreuve du feu.
À côté assumer un selfie ou une jupe moulante c’est finger in ze cake.
80 putains de minutes à découper, assembler, ré écouter et regarder 3 ou 4 fois de suite parfois. Et où y’a que moi sur l’écran. Moi et mon corps, cette enveloppe que j’ai mis tellement longtemps à accepter, à respecter, que je commence à peine doucement à aimer.
J’ai l’impression de retomber en adolescence : mille défauts me sautent aux yeux, je m’insupporte dans mes postures, ma voix, physiquement… Je me retrouve à me détester. De nouveau.
Et j’avais oublié comme c’est épuisant ce sentiment de haine qu’on peut avoir envers soi même.

Yup. La Fatigue.

Pourtant c’est familier, je reconnais la petite voix dans ma tête qui dit “t’es moche, t’es chiante, t’es nulle”, ça fait pas si longtemps qu’elle prend moins de place.
Alors des fois j’ai envie de pleurer à force d’être confrontée à cette image que j’ai tant de mal à accepter. J’ai envie de tout effacer et de ne pas m’imposer cette épreuve.
Tant pis pour les comics, les débats, les commentaires marrants/intelligents/touchants.
Mais je m’oblige. Je me mets une limite de temps. Je fais des pauses. Je respire. Je prends trois pas de recul et je relis les encouragements des personnes qui trouvent que le projet est cool.
Et je reprends le montage, et je me force.
Je la regarde cette meuf qui parle trop vite, trop longtemps, avec ses mains qui font n’imp, sa tronche que j’ai longtemps évité dans les miroirs. Ma cicatrice sur le haut des lèvres, mon gros pif, ma peau d’ado de 26 ans.
Je suis pas très gentille avec moi.

Je compte toujours trop sur les autres pour l’être à ma place.

Mais je peux pas demander aux autres de monter la vidéo. Y’a que moi qui sait à quoi elle doit ressembler.
Je suis bien obligée de passer du temps avec moi, si je veux pas abandonner. Toute seule devant ma gueule. Obligée de me regarder.
Bien obligée de me tolérer, pour trouver les morceaux où je me plais, ceux où je trouve que j’arrive à mieux m’écouter, à faire passer ce que je voudrais. Et de tout coller ensemble.
Et quand la vidéo est finie, je peux presque la regarder sans me détester.
Peut être qu’au fond c’est pas un si mauvais exercice….

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